HISTOIRE D'EDERN

Edern vient de Edern, un saint gallois qui franchit la Manche pour venir évangéliser l'Armorique. Il quitte le Pays de Galles en l'an 894, et aborde la côte de Cornouaille, au Juch (près de Douarnenez). Il aurait fondé son ermitage à "Ker-ar-Zant", au sud du bourg actuel.

Cette paroisse est mentionnée au Cartulaire de Landévennec comme ayant été donnée, au Xème siècle, à l'abbaye de Landévennec, par Budic, comte de Cornouaille. Cette localité devait son importance au séjour passager de saint Edern, qui y avait établi un ermitage. Voici comment Dom Plaine résume la vie de ce saint personnage, d'après un cantique composé à la fin du XVIIIème siècle, sur une vie latine du Saint, actuellement perdue mais qui existait alors dans les archives de Plouédern.

Edern, né dans l'île de Bretagne, renonçant au monde, traversa la mer pour venir aborder à Douarnenez, d'où il gagna le Juch, puis Edern, où il se retira dans la forêt de Quistinic. A Quistinic, les gens du pays reconnurent bientôt les vertus de saint Edern et, se groupant autour de son ermitage, formèrent un centre religieux qui était appelé vicairie quand il fut donné à Landévennec, un demi-siècle plus tard. Cependant, dit le cantique, le seigneur de Quistinic ou de la Chateigneraye, mécontent probablement de cette affluence, prit prétexte de ce que la vache du saint ermite était mal gardée et venait sur ses terres, la tua, et ce procédé fut si pénible pour le saint homme, qu'il se retira à Plouédern.

A Lannédern, où, dit le cantique, Edern éleva une chapelle en l'honneur de la Sainte Vierge, le Saint continua ses œuvres de pénitence et d'édification ; c'est là qu'il sauva la vie à un cerf qui, poursuivi par les chasseurs, vint se réfugier dans les plis de sa robe. Là aussi, raconte le cantique, étant un, jour en prière, le valet du Duc de Bretagne, qui se rendait à Léon, vint lui demander la route à suivre. Le Saint, se trouvant en une sorte d'extase, ne répondit pas, et le valet, impatienté, lui donna un soufflet ; aussitôt, le Duc et les gens de sa suite devinrent aveugles ; mais ayant demandé pardon à saint Edern de l'offense qui lui avait été faite, celui-ci leur dit de continuer leur route, mais qu'ils ne tarderaient pas à recouvrer la vue ; alors, le Duc fit voeu de construire une église au lieu où s'opérerait la guérison, ce qui arriva lorsqu'entrés au pays de Léon, ils s'arrêtèrent au lieu où est aujourd'hui Plouédern, et où le Duc fit construire une église dédiée au saint ermite de Lannédern. Saint Edern mourut à Lannédern, où se voit son tombeau.

L'histoire du cerf protégé par saint Edern, qui ressemble à s'y méprendre à l'histoire de la biche de saint Gilles, expliquerait assez pourquoi le cerf a été pris comme caractéristique de saint Edern ; mais on ne comprend pas pourquoi le Saint serait représenté à cheval sur le cerf. Aussi a-t-on eu recours à une autre légende qui, cette fois, est empruntée à celle de saint Théleau, avec de légères variantes. Voici comme elle est racontée par le commandant Faty (Vie des Saints, manuscrit). Lorsque le Saint vint de l'île de Bretagne à Quistinic, « il s'adressa au seigneur du pays pour obtenir des terres afin de s'y établir. Celui-ci lui accorda tout le territoire qu'il pourrait parcourir jusqu'au chant du coq. En sortant de chez le seigneur, notre Saint ayant aperçu un cerf, l'enfourcha et se mit à parcourir le pays. Mais sa soeur, craignant qu'une pareille course ne nuisit à la santé de son frère, partit au-devant de lui, dissimulant un coq sous son tablier, et dès qu'elle aperçut Eden, elle découvrit la tête du coq qui, ébloui par l'auréole lumineuse qui entourait le Saint, prit cette clarté pour le jour et se mit à chanter. Le Saint, fidèle à son engagement, s'arrêta, et c'est pourquoi la paroisse d'Edern se trouve enclavée dans celle de Briec ». Saint Edern est donc, comme saint Théleau, représenté, monté sur un cerf ; il n'y a que cette différence, c'est que saint Edern est représenté en simple ermite, tandis que saint Théleau, en sa qualité d'évêque, est crossé et mitré.

Edern est un démembrement de la paroisse primitive de Briec. La paroisse d'Edern est donnée vers 1008 par le comte de Cornouaille, Budic, à l’abbaye de Landévennec. Dans une charte antérieure à cette date, le village de La Boixière ou Boissière (noté Busitt) est d’ailleurs localisé à Briec. Guellevain, aujourd'hui en Edern, est une ancienne trève de la paroisse d'Edern qui dépendait autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille.

 

 

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